Il y a des jours où je me regarde ouvrir et fermer la main, émerveillée par tous les dessous ingénieux de la mécanique humaine. J'éprouve alors un sentiment plus grand que nature devant cette structure hautement parfaite qu'est notre anatomie. Mais cette perception a chancelé depuis ma récente lecture de Le Horla, écrit par Maupassant:
...Le notre (corps) si faible, si maladroitement conçu, encombré d'organes toujours fatigués, toujours forcés comme des ressorts trop complexes, qui vit comme une plante ou comme une bête, en se nourissant péniblement d'air, d'herbe de de viande, machine animale en proie aux maladies, aux déformations, aux putréfactions, poussive, mal réglée, naîve et bizzare, ingénieusement mal faite, oeuvre grossière et délicate, ébauche d'être qui pourrait être devnir intelligent et superbe.
Bon. Je peux bien concéder que le corps humain est une grimace à nos rêves les plus fous. Particulièrement pour ceux traitant d'immortalité et de jeunesse éternelle. Mais Maupassant en rajoute: Pourquoi pas d'autres éléments que le feu, l'air, l'eau la terre? Ils sont quatre, rien que quatre, ces pères nourriciers des êtres! Quelle pitié! Pourquoi ne sont-ils pas quarante, quatre cents, quatre mille! Comme tout est pauvre, mesquin, misérable! Avarement donné, sèchement inventé, lourdement fait!
Ouais. Éduquée à se satisfaire d'être en bonne santé, ce discours sur le post humain détonne. Mais n'est nullement nouveau. Paraît qu'il faut lire du Michel Houellebecq pour en savoir plus.










